 | Spécialiste : musiques actuelles - Sébastien Tellier ?
Sébastien Tellier devait donner son concert ce soir tranquillement au 22. Mais entretemps est survenue l’histoire de l’Eurovision, de la polémique sur Divine chanté en anglais au concours. Hier, Christine Albanel, la ministre de la Culture de passage au Printemps de Bourges, fait remarquer que Tokio Hotel montre que l’on peut « gagner en chantant dans sa langue », mais aussi que « Sébastien Tellier est très intéressant » et qu’« on a de vraies chances à l’Eurovision ».
Allons voir. Belle foule bien serrée, qui rappelle une foule semblable en 2003 à la salle de la Cité aux Transmusicales de Rennes. « Concert ridicule de vanité et d’emphase », notais-je à l’époque. Ce fut l’explosion d’une baudruche, l’accablement de la maison de disques dès le lundi suivant au téléphone, un des plus sauvages dégonflages de buzz que j’aie jamais vus. Pourtant, il y a tous ces papiers récents expliquant combien cet homme pratique une pop sublimement inspirée.
Allons voir, donc. Pull bleu ciel sur bedaine, lunettes désespérément polnareffiennes, tignasse à peine plus longue qu’elle n’est éparse. Verre à la main, discours un peu confus, sans doute très personnellement drôle. Deuxième ou troisième titre : Divine avec sa quête de voie lactée. Procol Harum, Aphrodite’s Child, Polnareff en ombre tutélaire, mais sans l’efficacité mélodique des modèles. Un peu la même sensation qu’aux Trans : une tentative d’un orgueil démesuré, une emphase de carton, un personnage d’une vacuité incommodante. C’est raté, terriblement raté.
Ça fait deux fois. On peut ne pas le brûler pour hérésie. Mais hérétique et relaps, je crois que cela n’a jamais été pardonné.
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